—Hé,Giz!T’es sûr qu’on est seuls ici ? demanda Crash d’une voix où on percevait le doute.
— J’ai réglé les caméras pour qu’elles détectent les mouvements et m’envoient une alerte dans ce cas-là. S’il y avait eu du passage depuis notre dernière visite, ne serait-ce que celui d’un coyote, le système me l’aurait signalé.
Gizmo gara le camion devant la ferme que son club utilisait comme planque.
— J’ai également installé une batterie de secours pour maintenir les caméras en fonctionnement, même en cas de coupure de courant. Le système m’alerte aussi si ça se produit. Je dois savoir quand il faut remplacer les piles ou quand il y a un problème, par exemple une coupure de courant imprévue. Si j’avais reçu l’une de ces alertes, on ne serait pas venus. Pas dans ces conditions.
Gizmo prit une profonde inspiration pour résister à l’envie de rembarrer son frère de club.
— Je me serais assuré de venir avec suffisamment de renforts pour explorer les lieux sans prendre de risque, ou du moins, sans mettre en danger des innocents.
Si Gizmo avait reçu une alerte qui sortait de l’ordinaire, comme celle déclenchée par un lynx quelques semaines plus tôt, il aurait prévenu Tuck, leur président, pour qu’ils montent une équipe chargée de se rendre sur place, d’évaluer la situation et de s’assurer qu’il n’y avait pas de dégâts. Ce genre d’événements était plus fréquent que les autres.
En refroidissant, le moteur émit un cliquetis semblable à celui d’un vieux minuteur mécanique, ce qui rappela à Gizmo les gens qui patientaient. Tic, tic, tic.
— Allez, dit-il avant d’ouvrir la portière et de sortir du véhicule.
Il posa, presque sans bruit, le pied sur la terre battue de l’allée. Ses bottes ne constituaient pas le choix idéal pour se déplacer silencieusement, mais ce n’était pas le pire qu’il aurait pu porter. Il y avait bien pire. Par ailleurs, il n’y avait personne qui vivait dans le coin, donc cela importait peu qu’ils fassent du bruit.
Gizmo se dirigea vers l’arrière du camion et attendit que Crash le rejoigne. D’un signe de tête, il lui indiqua qu’il était prêt. Il déverrouilla le cadenas qui évitait qu’un passant ouvre à sa guise l’arrière du véhicule. Même si personne n’en avait vraiment eu l’occasion, car Crash et lui ne s’étaient arrêtés qu’une seule fois au cours des deux heures de trajet entre Rio Rico et la banlieue de Marana, où ils se trouvaient désormais.
Ils avaient mis presque deux fois plus de temps par cet itinéraire que par celui empruntant l’autoroute, mais Gizmo avait choisi de rester sur les routes secondaires pour éviter d’attirer l’attention. Sur le flanc du camion était affiché le logo d’un magasin de meubles local, afin de ne pas paraître suspect. Toutefois, Gizmo avait préféré jouer la carte de la prudence. Non, le magasin ne