: Serge Morin
: La Prêtresse de Channdorr Les Chroniques du Grand Vent | Partie 1
: BookBaby
: 9781483553696
: 1
: CHF 3.00
:
: Fantasy
: French
: 600
: kein Kopierschutz
: PC/MAC/eReader/Tablet
: ePUB
Le Grand Vent, le pouvoir mystique des anciens Andars, soufflera bientôt sur le dernier continent du monde et la bataille s'engagera entre ceux qui désirent sa libération complète et ceux qui la redoutent. C'est un temps de changements, d'alliances et de traitrises. Si le retour imminent du Grand Vent est une opportunité pour certains, il constitue tout autant une menace pour les autres. Ainsi commence un combat aux répercussions innombrables. Le combat d'un Empereur obsédé par sa vision d'un monde meilleur, le combat d'une reine pour venger la mort de son fils, le combat d'un vieillard pour retrouver les siens, le combat d'une voleuse pour s'affranchir de son passé. Et, celui d'un jeune garçon, incapable de trouver sa place dans un monde où le Grand Vent contrôle la Destinée de tous. Tous, ils devront sacrifier ce qu'ils ont de plus cher. Tous devront affronter leur plus grande peur. Toutefois, tous autant qu'ils sont, gueux comme nobles, trop affligés par la cruauté de leur destin, trop occupés à se battre les uns contre les autres, nul ne verra le danger qui rôde. Cette nouvelle présence qui non seulement menace leur âme et leur esprit... Mais aussi le monde des hommes...

PROLOGUE

Le prix du silence

- An de grâce 411 de la Troisième Ère -

La pluie n’avait cessé de tomber depuis maintenant deux jours dans le royaume de Ghildom. Incessante, elle avait rendu boueuses et hasardeuses presque toutes les routes du royaume. Aussi, la Grande Route de l’Est qui traversait la vallée du Morive ne faisait pas exception. Au contraire. Déjà une route presque oubliée et perdue à l’écart des grandes cités, elle avait depuis longtemps permis à la forêt de réclamer peu à peu son dû pour se parsemer d’embûches. Ceux qui s’y aventuraient se devaient donc d’être vigilants… Surtout lorsque l’on y voyageait de nuit et par un temps aussi peu clément.

En cette nuit, l‘obscurité était totale. La lumière de la Lune et dePerten Magenta, l’étoile rouge, ne traversait même pas les épais nuages noirs qui nourrissaient les pluies abondantes. Celles-ci se déversaient sur les distances comme une encre grisâtre ruinant la peinture d’une nature morte. Les hauts pics enneigés de la Barrière de Vinartes, habituellement visibles de la route, se cachaient derrière le rideau de pluie tandis que les cimes noires des arbres oscillaient sous la force des vents et semblaient déchirer le ciel comme les dents acérées d’une bête dévorant la lumière.

Aucune personne sensée n’aurait jamais osé utiliser cette route en une nuit pareille. Pourtant, la silhouette solitaire d’une voiture tirée par deux chevaux se découpait peu à peu dans la pluie et avançait lentement sur la route. Un cocher, assis sur sa banquette et éclairé à la seule lumière d’une lanterne qui se balançait et grinçait au gré du vent, regardait fixement les deux chevaux qui trottaient en avant de lui. Les mains crispées sur les rênes, il serrait les dents en supportant la pluie froide qui avait traversé sa mante huilée depuis déjà trop longtemps.

Un éclair rouge zébra soudainement le ciel d’une lumière aveuglante et un grondement sourd rugit aussitôt après sa détonation.

Le Coursier de Dariad poussa un juron en levant les yeux au ciel. Avant ces deux derniers jours, jamais il n’avait vu un temps aussi mauvais durer si longtemps. Jamais il n’avait vu la pluie tomber sans relâche avec autant d’ardeur. Mais surtout, avant ces deux derniers jours, jamais il n’avait vu d’éclairs fouiller le ciel d’une lumière aussi rouge que le sang de ses veines.

On aurait pu croire que le ciel saignait. Que les Anciens Dieux s’étaient tous réveillés et qu’ils voulaient le blesser à grands coups d’épée ! Comme si le ciel était prêt à s’embraser des feux de l’enfer à tout moment.

Il n’y avait rien à comprendre d’un tel phénomène. Même le tenancier de la dernière auberge où il s’était arrêté avait avoué ne pas savoir quoi penser. Les rumeurs voulaient que le Grand Vent en soit à l’origine. Mais, ici bas, ce genre d’explication était trop